mars, 2013

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Synthèse pratique sur la Réglementation de l’usage du titre de psychothérapeute

L’usage du Titre de psychothérapeute a fait l’objet en France de deux textes de loi que l’on a résumé dans la désignation de l’Article 52/90, qui est en entrée en application par le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 (modifié) relatif à l’usage du Titre de psychothérapeute.

Ce décret a été contesté par des organisations professionnelles mais leurs requêtes ont été rejetées par décision du Conseil d’État en octobre 2011 (n° 341278).

Il a finalement été modifié le 7 mai 2012 et son application est précisée par l’instruction n°DGOS/RH2/2012/308 du 3 août 2012 (notamment modalités d’inscription au registre national des psychothérapeutes).

Pour les modalités d’inscription au registre national des psychothérapeutes, reportez-vous à l’arrêté du 9 juin 2010 modifié.

Concernant les conditions d’usage du Titre de psychothérapeute par les titulaires de diplômes délivrés par des États membres de l’Union Européenne, de l’Espace Économique Européen et de la Confédération suisse, vous pouvez vous reporter à la circulaire n°DGOS/RH2/2012/431 du 24 décembre 2012.

 

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Après tout … Bravo et merci Monsieur Accoyer !

Pour mémoire, rappelons que Monsieur Bernard Accoyer, alors simple député, avait fait voter à l’unanimité de l’Assemblée nationale, le 8 octobre 2003, un amendement qui octroyait le Titre de psychothérapeute aux seuls psychiatres et psychologues. M’en étant offusqué et considérant qu’il s’agissait d’une véritable OPA sur ce Titre, j’avais alors alerté la profession des psychothérapeutes avec une opération que nous avions baptisée : « Touche pas à mon psy ! ». Elle avait eu un succès certain avec pour principal effet, non seulement de rallier à notre cause les psychanalystes, mais aussi de faire retoquer cet amendement par le Sénat, pour en arriver après une longue navette parlementaire à ce que l’on a appelé l’Amendement 52. Cet Amendement étendait en théorie l’usage du Titre de psychothérapeute de droit aux psychanalystes et, sous conditions, aux psychothérapeutes que Monsieur Accoyer considérait alors comme auto-proclamés.

Comme nous avions été suffisamment avisés pour faire pression sur le législateur afin que ce texte soit appliqué par un Décret en Conseil d’état, son application fut alors impossible en l’état. Cela demanda plus de six ans de négociations et un nouveau passage devant le parlement en 2009, notamment grâce à la pugnacité de Monsieur Accoyer devenu entre temps Président de l’Assemblée nationale. Le parlement par quelques alinéas de plus en fit un nouveau texte que j’avais appelé l’Article 52-91 lequel fut enfin mis en application par des Décrets en Conseil d’état en 2010  et par décret simple en 2012.

Au final, quelle est la réalité de l’application sur le terrain de cette législation sur le Titre de psychothérapeute en France ? Et bien c’est triste à dire, on est quasiment revenu à l’Amendement Accoyer du début. C’est à cet endroit que je dis, non sans amertume : « Bravo Monsieur Accoyer ! ».

La petite Histoire lui a finalement donné raison, mais pour autant la grande Histoire de la psychothérapie si elle a perdu la bataille du Titre, a gagné celle du débat théorique sur la psychopathologie qui sous-tend ce Titre. Mais concrètement qu’est devenu le paysage psy, depuis les derniers décrets et qu’est devenu le débat théorique entre psys ?

Avant l’Amendement Accoyer, le paysage français psy était simple et carré, il y avait quatre professions : les psychiatres, les psychologues, les psychanalystes, et les psychothérapeutes. Depuis la loi sur le Titre, ceux qui l’ont de droit, ce sont les psychiatres et les psychologues cliniciens qui en font la demande à l’ARS. Les autres psys, c’est-à-dire les psychanalystes et les psychothérapeutes auto-proclamés devront en passer par des formations en psychopathologie dans des organismes agréés et des stages cliniques.

Dès lors, de fait, les psychanalystes qui n’ont jamais vraiment eu besoin de ce Titre pour exercer, continuent et continueront sans doute comme par le passé. En revanche le paysage psy, qui bien que carré, n’était pas clair pour les patients, se complexifie plus encore car tels des arroseurs arrosés, les psychothérapeutes auto-proclamés, persistent dans leur combat en revendiquant à nouveau qu’ils sont les seuls et véritables psychothérapeutes, compte tenu de leur formation spécifique en psychothérapie, et d’un travail d’analyse indispensable selon eux pour pratiquer la psychothérapie. Considérant par ailleurs que le législateur leur a volé leur Titre, la plus part d’entre eux, sous l’emprise de leur fédérations se sont à nouveau auto-proclamés avec une appellation non contrôlée : psychopraticiens. Ils espèrent exister dans le paysage grâce à leur pratique et au soutien de leurs organisations professionnelles.

Cela fait plus de vingt ans que je dis et redis à ces collègues que cette stratégie de rejet de l’autre ne paiera jamais, et que cela ne peut que provoquer une mise au ban de la société. La Mivillude a confirmé cette vision, en soulignant dans son dernier rapport que certains charlatans qui sévissent dans le domaine de la psychothérapie s’inventaient des titres, ou prenaient celui de psychopraticiens.

Personne n’est dupe que si certains honorables collègues se fourvoient dans cette voie, sous l’influence de leurs élus associatifs ou de leurs fédérations qui ont des intérêts mal compris dans des analyses ou des organismes de formation en psychothérapie non agréés, qui ne survivent que par cette clientèle. Or, si ces psychopraticiens encore trop nombreux ne deviennent pas massivement des psychothérapeutes en Titre, le législateur risque à nouveau de s’immiscer dans le paysage psy, pour cette fois légiférer sur l’exercice de la psychothérapie, qui n’est pour l’instant pas encore visé.

C’est pourquoi, par une Association que nous avons intitulée Comité fédérateur des psychothérapeutes (C.F.D.P.), nous cherchons à regrouper non seulement ceux qui ont eu le Titre mais aussi tous les autres praticiens de la psychothérapie qui veulent avoir le titre en acceptant les règles imposées par la loi. Ainsi, pour être plus précis, nous souhaitons regrouper au sein du C.F.D.P. :

  • d’une part, les praticiens de la psychothérapie qui ont le Titre en étant soit psychiatres, soit psychologues ou bien encore les médecins et les psychothérapeutes ayant bénéficié de la « clause du grand-père » octroyée par les commissions de l’ARS,

  • et d’autre part tous ceux,  psychanalystes ou autres que nous aiderons à obtenir le Titre, en respectant les conditions de la loi.

 

Pour faire court :
que vous soyez titré ou en demande du Titre, vous serez donc les bienvenus au C.F.D.P.

 

Par ailleurs, le C.F.D.P. a aussi pour vocation de poursuivre voire de redynamiser le débat sur la psychopathologie. Car, comme je le suggérais plus haut, s’il y eu, au terme des discussions et négociations, un grand bénéfice pour l’exercice de la psychothérapie en général, c’est celui du formidable débat sur la psychothérapie depuis trop longtemps disqualifiée par la psychiatrie puis par la psychanalyse, et tiraillée par ses multiples courants théoriques ou pseudo-théoriques.

Le législateur, semble-t-il sans le savoir, en conditionnant le Titre à la psychopathologie, a relancé la réflexion sur ce qui rassemble les psychothérapeutes plutôt que sur ce qui les divise. Ainsi, on ne trouve plus que très rarement les critiques et les disqualifications d’antan sur la psychothérapie. C’est déjà un progrès notable qui pose celle-ci dans la noblesse de sa pratique. Il reste que l’on est loin d’une psychopathologie générale rêvée par Karl Jaspers. Pour autant les points théoriques semblent se rapprocher et des théories encore très dogmatiques commencent à se remettre en question. C’est une tendance très encourageante que l’on voudrait soutenir simplement, notamment lors de notre premier Colloque de consensus sur la psychopathologie qui se tiendra au Fiap de Paris le 21 septembre 2013. Comme précédemment je renouvelle mon appel : que vous soyez titré ou en demande du Titre vous serez les bienvenus lors de ce Colloque.

Obstinément, vous l’aurez compris, je n’ai jamais cessé de faire avancer la cause de la psychothérapie, l’usage du Titre fut une première étape, il faut maintenant avancer sur la théorie, laquelle oriente toujours la pratique. Il faut le faire avec sérieux avant que le législateur s’y ingère et perturbe cette réflexion.

En tant que Président du C.F.D.P., je vous invite chaleureusement, à nous rejoindre, pour que l’authentique profession de psychothérapeute soit en tant que telle respectée, renforcée, confirmée dans sa raison d’être et que sa pratique soit régulièrement optimisée et enrichie par notre réflexion collective.

Bien à vous,

Bruno DAL PALU – Président du C.F.D.P.

 

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Retrouvez la nouvelle plaquette d’information du CFDP

Comment et pourquoi adhérer au CFDP ?

 

Que vous soyez psychothérapeute avec le Nuémro ADELI ou praticien de la Psychothérapie en attente du Titre, le CFDP est sans doute l’association qus vous attendiez pour protéger et développer votre profession.

Vous pouvez désormais télécharger la plaquette CFDP en .pdf et y trouver les conditions de votre adhésion.

 

Bien à vous,

Le Président, Bruno DAL PALU

 

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La Psychanalyse au-delà des egos ! vers une psychanalyse unifiée.

La Psychanalyse combien de divisions ?

Sans doute un nombre infini, peut-être même quasiment autant que de psychanalystes. Si cette tendance séparatiste est sans doute au fondement de la psychanalyse, cet émiettement de ce courant de pensées ne participe-t-il pas à sa perte de crédit ? N’est-ce pas le temps du rassemblement plutôt que des guerres intestines ?

Il est vrai que la psychanalyse depuis sa création par S. Freud a fait l’objet de moult scissions. Cela a commencé avec A. Adler, puis K.G. Jung, F. Ferenkzy, du temps de son fondateur, puis cela s’est amplifié avec ses successeurs, W. Reich, J. Lacan. Et, en France tout particulièrement les Lacaniens se sont eux-mêmes subdivisés en différents groupes souvent fratricides.

Toutes ses divisions ont été animé par l’idée de faire avancer le corpus théorique et pratique de la psychanalyse, en fonction de la clinique de chaque nouveau chef de file. Dès lors, au-delà des égos de ceux-ci, chacun se sont arcboutés sur la pertinence de leur contributions à la psychanalyse, pour séduire ou convaincre une ou plusieurs cohortes de disciples, pour faire école, voire courant de la psychanalyse. Mais aujourd’hui plus les subdivisions récurrentes s’originent des premiers grands clivages moins il y a de points communs entre les psychanalystes.

Ainsi, qu’est-ce qu’il y a de commun entre un psychanalyste jungien et un psychanalyste lacanien de l’ECF* ? A l’évidence : on trouverait très peu de choses, et souvent pas même le respect du point de vue de l’autre.

Pour ma part, animé par une conviction forte que : « l’on ne construit rien de durable dans le rejet de l’autre », je n’ai eu de cesse dans mon parcours de praticien de vouloir rassembler les psys notamment depuis que j’ai mobilisé les psys, après le vote en catimini de l’Amendement Accoyer le 6 octobre 2003. La bataille que nous avons gagné en faisant invalidé cet Amendement, pour le remplacer par l’Article 52, a eu pour principale victoire très inattendue de faire cesser la guerre entre les psychanalystes et les psychothérapeutes. Outre que face à un ennemi commun : le législateur liberticide,  ceux-ci ont furent condamnés à s’entendre, il me semble que le point inaugural de cette trêve est à fixer, le 17 décembre 2003, le jour où l’exécuteur testamentaire de Lacan, Jacques-Alain Miller, dans un Colloque à Paris organisé par Armand Touati me présentait publiquement ses excuses en tant que représentant des psychothérapeutes, pour le mal qu’il avait pu dire et écrire sur les psychothérapeutes.

Et comme pour ancrer cette nouvelle posture, quelques jours plus tard, j’étais invité à ouvrir le Colloque internationale de psychanalyse organisé par le même Jacques-Alain Miller qui développa, une nouvelle manière de penser la célèbre phrase de Lacan qui fut souvent au fondement de la disqualification des psychothérapeutes par les psychanalystes :

« La psychothérapie, peut faire quelques biens mais ramène au pire ».

Passons rapidement sur ce point anecdotique de l’histoire, pour noter que depuis ce temps je n’ai plus observé ni d’articles ni d’émissions qui opposent la psychanalyse à la psychothérapie, la première devenant un courant de la seconde lorsqu’elle n’est pas purement une psychanalyse, dont elle revendique néanmoins l’extraterritorialité.

En revanche le débat s’est déplacé, dans une opposition entre courant de la psychothérapie, plus précisément entre la psychanalyse et les TCC, à la suite d’une publication par l’Inserm sur l’évaluation des psychothérapies qui laissait à penser que les TCC étaient les plus performantes et la psychanalyse la moins efficiente. Dès lors le débat une fois encore était relancé par J.A. Miller, dans un Forum Anti-TCC, dont je déclinais l’invitation. En effet, en contre point à cette initiative, j’avais préféré organiser le 18 juin 2005, à Paris une « Controverse sur la psychopathologie clinique du Sujet » autour d’un mot d’ordre : « pour un débat sur la psychothérapie sans exclusive ni exclusion », en vue de rassembler les points de vue plutôt que de les opposer. J’avais d’ailleurs écrit à J.A. Miller pour qu’il y participe, mais j’ai reçu de sa part une fin de non recevoir à la mesure de la virulence des propos qui ont fait l’objet d’écrits marquant à tout jamais la polémique comme : le Livre Noir de la Psychanalyse.

Depuis, je n’ai eu de cesse chaque année de provoquer des Controverses pour faire avancer la recherche sur la psychopathologie en vue de faire rapprocher les concepts. Jusqu’à un nouveau débat introduit cette fois par Michel Onfray très critique envers la psychanalyse, ce qui m’a conduit à penser qu’il était temps aussi que celle-ci se remette en question et qu’elle s’organise autour de ce qui la rassemble plutôt que ce qui la divise.

C’est pourquoi ma dernière initiative en ce sens a été de créer début 2010, en tant que psychologue et psychothérapeute, le C.F.D.P.**, afin de fédérer tous les psychothérapeutes ou les praticiens qui veulent acquérir ce titre, dans ce même esprit de nous rassembler sur ce qui nous réunit au delà de ce qui nous divise.

Il est question aujourd’hui de penser la Psychanalyse du XXI° siècle, dans une perspective d’union plutôt que de division, afin qu’elle soit moins dogmatique et orientée par les égos de leurs théoriciens et plus préoccupée par la pratique des patients et des analysants. Sans doute que les gardiens du temple, crieront au blasphème, voire à la perversion (l’a-père-version) de la psychanalyse, mais pour autant je pense que c’est une aventure à tenter pour faire avancer celle-ci dans un avenir qui ne la conduise pas à sa disparition.

C’est ce que je défendrai lors du Colloque de consensus, le 21 Septembre 2013 au FIAP de Paris, organisé par le C.F.D.P.

 

* École de la Cause Freudienne
** Comité Fédérateur des Psychothérapeutes
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Le C.F.D.P. organise un colloque

PREMIER COLLOQUE DE CONSENSUS

CFDP logo

L’association CFDP défend et développe le principe de débats théoriques et pratiques convergeant dans une  Convention de consensus, dans ses manifestations, sur son site, dans sa vie elle-même. Il s’agit de permettre l’exposé de points de vue ou d’approches différents, sur des sujets au fondement de la pratique de la psychothérapie. Ce mode fécond de confrontation respecte chacun dans ses convictions et ses paradigmes scientifiques et contribue à l’enrichissement du débat dans un univers ou la diversité est grande.

La convention de consensus

se tiendra au FIAP

le 21 septembre 2013 à Paris

 

Plusieurs intervenants débattront sur le thème suivant :

Les psychothérapeutes : un an après la loi sur leur titre…

 

Infos & Réservation :

35, chemin de St Geniest – 84000 Avignon / 06.23.82.85.16

 

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