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Conférence de Consensus

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Depuis sa création, notre Association a lancé un chantier de rénovation de la Psychanalyse.

Cela devait prendre l’objet d’une publication collective sur les concepts de la psychanalyse qui demeurent encore aujourd’hui performants et ceux qui sont nettement obsolètes.

C’est un projet très iconoclaste et ambitieux sans doute trop démesuré, voire impossible, pour les forces vives de notre association car cela fait plus de cinq ans que ce chantier est à l’arrêt.

Mais je persévère et m’accroche à cette idée, car je crois au Renouveau indispensable de la Psychanalyse.

J’en appelle donc à nouveau à l’Intelligence Collective de tous nos adhérents réunis, mais cette fois-ci, je suggère de changer de procédure.

Après avoir organisé des Controverses durant la bataille pour le Titre de Psychothérapeute, je propose cette année de nous retrouver pour une Conférence de consensus le 14 décembre 2019 en Avignon sur une thématique qui sera l’un des chapitres de notre publication collective :

Au sujet du Sujet.

Le travail de cette Conférence de consensus se fera à partir d’une provocation écrite de ma part, qui sera ensuite amendée en Intelligence Collective durant toute la journée, puis définitivement adoptée pour être publiée.

Bien à vous,

Bruno DAL PALU
Président du C.F.D.P.

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Au sujet du Sujet

Le Moi n’est pas maître dans ma propre maison,

S. Freud

 

A l’instar de Montaigne, je voudrais aborder plus par devis que par avis le creuset conceptuel du Sujet qui se trouve dans la psychanalyse. Deviser plutôt qu’aviser, c’est exprimer davantage ce qui peut advenir que d’en faire le constat. Je m’efforcerai donc pour cela d’être dans le bien dire. Bien dire ce n’est pas le dire bien, et ce n’est pas non plus dire le bien mais c’est veiller à le dire bien pour que cela cause, c’est-à-dire que cela parle à l’autre, pour que cet autre l’entende. De même chercher à bien dire est un impératif pour que cela cause quelque chose au Sujet à qui l’on s’adresse, au sens que cela fasse acte. Et dans le meilleur des cas, le dire sans que cela ne fasse du mal au Sujet à qui l’on s’adresse. Or, selon la manière dont on pense, le Sujet peut faire dériver, orienter le concept sur un chemin où l’autre n’a plus sa place.

 

Très utilisé dans le vocabulaire psychanalytique voire psychothérapeutique, comment peut-il se comprendre ? C’est ce que je propose de faire dans ce qui va suivre en revisitant le concept.

 

Le terme Sujet est ambiguë et polysémique, évidemment dans la psychanalyse, il ne s’agit pas du sujet d’un livre, d’un article, ni d’un tableau, pas plus qu’il désigne un personnage de la crèche ou dans une galette des rois. Pour S. Freud, il est question de celui qui fait énigme par son symptôme puis pour J. Lacan par son Sinthome. Plus globalement en psychanalyse, l’acception classique du vocable Sujet désigne d’abord le sujet de l’inconscient ou plus précisément, depuis J. Lacan, le « sujet de l’énonciation (…) qui se mi-dit dans ses discours plus qu’il ne s’y dit »[1].

 

L’équivoque de son signifiant souligne pour S. Freud que le Sujet est assujetti à l’inconscient au sens d’une relation de subordination tel « le sujet de sa majesté ». Quant à J. Lacan, selon sa formule : « le désir c’est le désir de l’Autre[2] », le Sujet est donc assujetti à ce Grand Autre. Or, dans cette perspective l’autre, celui de l’altérité, disparaît. C’est là que se situe la dérive égotique voire égoïste dans le pire des cas. En effet, outre le fait que la vox populi diffuse l’idée que l’entrée en psychanalyse ne se termine jamais mais fini par un divorce, on constate souvent en psychothérapie que des patients se plaignent que l’un de leurs proches étant en analyse, s’autorise à faire ce qu’il veut au mépris des désirs de leur entourage. Moi-même, je peux témoigner d’une expérience, où une psychanalyste lacanienne m’imposait un rythme de séance très compliqué à assumer pour moi à l’époque, et comme je demandais plus d’assouplissement notamment pour des contingences familiales, elle me dit avec aplomb : « vous devez choisir entre votre analyse et votre famille ». J’ai finalement choisi la famille.

 

Certes, le but d’une psychanalyse c’est de faire advenir le Sujet, mais est-ce possible sans tenir compte de l’autre ? Là encore c’est la théorie qui oriente la pratique.

 

Lorsque la théorie suppose que le Sujet c’est celui qui assume ses désirs en vue d’être une personne responsable, un Sujet libre de sa propre parole ou encore le « Sujet du verbe », l’autre importe peu. Et s’il y parvient il est alors légitimé par son analyste qui considère que l’objectif de ce travail psychique est atteint.

 

En effet, sachant que c’est précisément le langage qui dénature l’être humain et en fait un Sujet de culture, en l’éloignant naturellement de l’animal par l’effet du langage complexe qu’il cultive à loisirs depuis l’homo sapiens, et plus particulièrement dans l’analyse. Cela laisse à penser que l’accouchement du Sujet a opéré. Or, c’est oublier que ce qui constitue aussi notre humanité c’est qu’un Sujet présente la particularité d’être lié non seulement à l’Autre, mais également à l’autre. C’est-à-dire d’égal à égal, et pas d’ego à ego aujourd’hui, mais de Sujet à Sujet pour persister dans la revendication d’être libre et unique face à l’autre.

 

Dès lors, si l’on intègre l’autre (le petit) dans la construction du Sujet, la théorie n’est plus la même et la pratique non plus. Le Sujet présente alors cette particularité paradoxale d’être inaliénable et en même temps aliéné à l’autre, au sens de « faire lien » avec l’autre. Ce terme de Sujet est essentiel dans mon approche, car il oriente non seulement notre pratique mais également notre éthique. En effet, le Sujet est un être humain reconnu comme une personne singulière, identifiable, qui demeure capable de rester elle-même tout en étant attachée à un autre. Car être libre sans lien à l’autre est relativement facile mais être Sujet dans une relation à un autre, voire un environnement social, est bien plus complexe.

 

Etre Sujet, c’est être, non seulement au sens d’un existant mais surtout au sens d’un être en devenir. Un sujet se structure en potentialité puisqu’il advient plus qu’il n’est. Quels que soient ses actes, le Sujet ne se laisse donc pas définir en fonction de ce qu’il fait, même si ce n’est parfois pas cohérent avec ce qu’il montre par ailleurs. Le Sujet ne se justifie pas, il est justifié par un « je suis » et également par un « je fais », c’est-à-dire une personne qui ne renonce pas à ce qu’elle est, mais qui peut changer ce qu’elle fait pour aller vers un « je serai ».

Etre Sujet est à la fois l’objectif d’un cheminement et également une position éthique à l’égard de l’autre qui nécessairement nous encourage à respecter ce dernier comme un Sujet, sinon accompli, du moins potentiel. En effet, être Sujet est un but que chaque être humain recherche plus ou moins consciemment : être libre d’être soi-même quel que soit l’attachement à l’autre, quelles que soient les circonstances. « Toute personne est un Sujet en puissance », c’est vers cet objectif que l’aidant bienveillant, le Coach soutient l’aidé ou le coaché du désir d’y parvenir, et c’est précisément l’objectif de croissance.

 

Le Sujet est donc un être humain reconnu comme une personne singulière identifiable, qui « Est » et n’est pas que le bon l’objet de l’autre, tout en étant aliéné à l’Autre[3], c’est-à-dire la culture, voire au Radicalement-Autre[4]. Ainsi, l’ambiguïté du terme renvoie à la réalité paradoxale de l’être humain, c’est en cela qu’il est un vocable pertinent pour toute Relation d’aide, de Coaching ou de Psychothérapie. Cette notion de Sujet n’est pas seulement synonyme d’individu ou de personne, car si elle les contient, elle les dépasse également. En effet, un individu, voire une personne peut exister sans être Sujet au sens du but atteint.

 

Etre Sujet suppose donc d’Etre en relation avec un autre sans en être aliéné, tout en l’étant à bien des égards.

 

C’est pourquoi « l’aliéné», autrefois nommé « fou », ne se vit pas comme Sujet, mais comme objet de l’autre ou de son délire. Il tente de devenir Sujet en se désaliénant de l’Autre, c’est-à-dire en se coupant de tout lien social, au point de se faire du mal et de mettre l’autre en danger. Il faut alors l’enfermer dans un service psychiatrique ou le contenir à l’aide de psychotropes afin qu’il retrouve un semblant d’équilibre dans le lien social.

 

De même dans notre société, des personnes handicapées mentales, au statut de majeur protégé notamment, auront du mal à être Sujet, et c’est à la société de les protéger des pervers qui pourraient les cantonner dans une position d’objet pour abuser d’eux. Sans compter bien d’autres exemples dans le champ de la psychopathologie.

 

Etre Sujet, c’est donc non seulement faire l’objet d’une nomination qui nous singularise mais c’est surtout s’accepter unique et libre, c’est-à-dire séparé de l’autre, tout en se situant dans un lien social qui nous introduit dans la pluralité de la communauté humaine, ce qui suppose une certaine aliénation à des lois sociales ou morales qui transcendent la liberté du Sujet.

 

Ainsi, le Sujet est donc quelqu’un, c’est-à-dire un individu d’abord, puis une personne, dotée d’un nom propre mais surtout d’une personnalité unique qui le démarque des autres personnes par son histoire propre, pour ne pas être quelconque.

 

Le Sujet, c’est donc de l’Un, et par l’effet d’une Psychothérapie ou de Coaching du Sujet, c’est une rencontre du Un par Un (même dans un travail de groupe). Car ce dont il est question, c’est du Sujet de l’inconscient lié à son désir ou plus exactement à ses envies, qui constituent la singularité du Sujet.

 

Un Sujet est non seulement quelqu’un qui n’est pas quelconque, mais qui est surtout capable de rester lui-même tout en étant attaché à un autre ou plusieurs qu’il respecte également comme Sujet. C’est là le plus difficile, car être libre sans lien à l’autre est relativement facile, mais être Sujet dans une relation à l’autre, à un environnement social, c’est bien plus complexe.

 

Paradoxalement, s’aliéner (au sens de « faire lien ») à un autre, lui-même Sujet permet de le devenir à son tour. C’est pourquoi l’attachement à quelqu’un qui revendique cette position de Sujet permet à cet aliéné de ne plus l’être, puisqu’il lui permet par transfert d’advenir un Sujet libre. C’est d’ailleurs précisément ce qui fonde le dispositif de la relation thérapeutique ou du Coaching.

 

Un Sujet est donc quelqu’un qui est respecté pour ce qu’il est, c’est-à-dire indéfinissable et non un bon ou mauvais objet que l’on peut définir, cataloguer, apprécier ou rejeter. C’est en cela que le Sujet est corrélé à l’être. Le Sujet, c’est Etre, tout simplement. Car comme, l’énonce Lacan : « Tout ce qui s’est articulé de l’être suppose qu’on puisse se refuser au prédicat et dire l’homme est par exemple sans dire quoi. Ce qu’il en est de l’être est étroitement relié à cette section du prédicat. Dès lors, rien ne peut en être dit sinon par des détours en impasse, des démonstrations d’impossibilité logique, par où aucun prédicat ne suffit. Ce qui est de l’être, d’un être qui se poserait comme absolu, n’est jamais que la fracture, la cassure, l’interruption de la formule être sexué en tant que l’être sexué est intéressé dans la jouissance. »

 

Ainsi, être Sujet, c’est Etre, non seulement au sens d’un existant, mais au sens d’un être en devenir. C’est finalement une définition eschatologique de la notion de Sujet. En effet, le Sujet n’est pas capturé par l’autre dans ce qu’il fait. Quels que soient ses actes, il ne se laisse pas définir en fonction de ce qu’il fait, même si ce n’est parfois pas cohérent avec ce qu’il est par ailleurs. Le Sujet ne se justifie pas, il s’ajuste s’il est dans l’erreur, sinon il est justifié par un « Je suis », mais également un « Je fais », c’est-à-dire une personne qui ne renonce pas à ce qu’elle est mais peut changer ce qu’elle fait.

Dans cette conception du terme, il n’est donc pas donné à tout le monde d’être Sujet au sens de l’objectif atteint. C’est même le fruit d’un long accouchement vers la Vraie-Vie, la Vie vivifiante, une longue ascèse subjective pour le dire comme J. Lacan. Car une chose est d’être une personne vivante, une autre est d’être le Sujet libre de sa propre histoire, et non assujettie à celle-ci.

 

Par extension, être Sujet est à la fois l’objectif d’un cheminement, et également une position éthique à l’égard de l’autre. En effet, être Sujet est un but que chaque être humain recherche plus ou moins consciemment ; être libre d’être soi-même quel que soit l’attachement à l’autre, quelles que soient les circonstances. J’ai même montré même que c’est l’effet d’une notion pulsionnelle incontournable. Par voie de conséquence, il en découle une position éthique à l’égard de l’Autre, l’autre de l’altérité qui nécessairement nous encourage à respecter ce dernier comme un Sujet, sinon accompli, du moins potentiel. C’est dire que toute personne est un Sujet en puissance ; c’est même vers cet objectif que le Coach ou le psychothérapeute auquel il s’adresse, le soutient du désir d’y parvenir.

 

Notre éthique est donc celle orientée vers le Sujet, tel que l’on vient de le définir, c’est-à-dire non seulement un Sujet assujetti à l’Autre (Grand A), mais aussi un Sujet libre qui tient compte de l’autre (Petit a). Elle repose sur notre conception de la Bienveillance, sans chercher la morale du bien ou du mal, en mettant notre énergie et notre professionnalisme vers l’unification du Sujet qui s’adresse à nous. Si elle essaimait à son tour dans la psychanalyse, celle-ci y gagnerait à nouveau. Mais il faudrait pour cela, oser dépasser ses pères devant pour que cela opère.

 

Bien à vous,

 

Bruno DAL PALU

Président du C.F.D.P.

 

 

[1] Jean Ansaldi, L’articulation de la foi, de la théologie et des écritures, Paris, Cerf, 1991, p.89.

[2] L’Autre qui se lit grand Autre, est un concept de J. Lacan, qui est le lieu des signifiants, que j’ai traduit en langage commun comme la Culture dans lequel le Sujet s’est construit.

[3] Concept inventé par Jacques Lacan qu’il définit comme lieu des signifiants.

[4] C’est un terme inventé par Jean Ansaldi, qui équivalent conceptualisé de Dieu.

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Vers le renouveau de la psychanalyse

Psychanalyste

Tout le monde peut légalement revendiquer ce titre, non seulement en France mais aussi de par le Monde.

Mais quant à sa légitimité c’est bien différent, il y a ceux qui la revendique à cause de leur analyse plus ou moins finie, ceux qui en plus y ajoute leur formation dans une des Écoles de psychanalyse et enfin d’autres qui n’osent plus se revendiquer de ce Titre si facilement accessible tant la Psychanalyse a perdu de son crédit.

Notre Association a lancé un chantier de rénovation de la Psychanalyse comme outil en psychothérapie. Cela devait prendre l’objet d’une publication collective sur les concepts de la psychanalyse qui demeurent encore aujourd’hui performants et ceux qui sont nettement obsolètes. C’est un projet très iconoclaste et ambitieux. Sans doute trop ambitieux, voire impossible, pour les forces vives de notre association car cela fait près de cinq ans que notre chantier est à l’arrêt.

Cependant, comme cela a été maintes fois le cas dans mon histoire, j’ai souvent eu la bonne vision avec une longueur d’avance, mais par faute de mise en œuvre, d’autres s’emparent de l’idée et savent la faire valoir. En effet, j’ai pu lire dans certaines revues psy que des psychanalystes remettaient en cause certains concepts en s’inscrivant dans un Renouveau indispensable de la Psychanalyse.

J’en appelle donc à l’Intelligence collective de tous nos adhérents réunis pour que cette année nous sachions au moins faire valoir que nous nous inscrivons dans ce courant du Renouveau de la Psychanalyse, et que nous sommes en capacité d’apporter notre contribution à ce mouvement.

J’écrivais en 2013 que :

La refondation de la Psychanalyse est une urgence, avant qu’elle ne perde tout crédit. Cette refondation devra se faire à l’envers de sa fondation c’est-à-dire par les « sans-noms », les « sans-grades » que sont, les patients et les cliniciens, autres que ses disciples de renom, car c’est à ce prix que l’on débarrassera le bébé de ses souillures ».

Je réitère le propos, et à l’instar d’un Psychiatre psychanalyste qui a fait un livre intitulé : Mon abrégé de psychanalyse, il nous faut faire le nôtre, dont chacun d’entre nous pourra s’enorgueillir.

Outre, le renouvellement de notre cotisation, je nous invite à nous remettre au travail, en relisant l’Abrégé de psychanalyse de S. Freud, et d’en faire une analyse critique, qui supprime ce qui n’a plus lieu d’être et l’enrichit des apports pertinents, sous la forme d’articles que je collecterai pour en faire notre Abrégé de la psychanalyse.

 

Bien à vous tous,

Bruno DAL PALU
Président du C.F.D.P.

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ARGUMENTAIRE – Séminaire de Controverse sur la Psychanalyse – Avignon 03/12/2016

La psychanalyse, qui avait une position quasi hégémonique dans le champ psy français voit sa place largement contestée, voire grignotée, depuis quelques années.

Cette perte d’influence s’est traduite à l’université d’abord, puis en faveur de la loi sur le Titre de psychothérapeute elle semblait avoir gagné à nouveau en influence puisque les psychanalystes ont pu croire un temps qu’ils avaient le Titre de droit avec une reconnaissance dans le marbre de la loi.

Mais les autorités sanitaires l’ont remise en question une première fois avec un rapport de l’Inserm qui évaluait la psychanalyse comme la moins efficace des psychothérapies. Ensuite, il y eut le Livre Noir de la Psychanalyse qui raviva la haine entre les TCC et la psychanalyse et plus récemment le brûlot de Michel Onfray et le reportage le Mur. Et aujourd’hui c’est un nouveau rapport de la Haute Autorité Sanitaire (HAS) qui discrédite cette méthode pour traiter l’autisme.

Or, à chaque critique les psychanalystes se défendent en criant au scandale oubliant leur propre théorie sur les mécanismes de défense qui trahissent leurs failles.

Or, la psychanalyse ne peut plus se présenter comme une science intouchable fondée sur les dogmes édicter par ses maîtres, Freud, Jung, Lacan… Elle doit se remettre en question et reconsidérer ses concepts à la lumière des avancées des autres champs scientifiques connexes au sien.

Il est grand temps que les psychanalystes changent de stratégie s’ils ne veulent pas participer au discrédit de leur propre méthode.

Jusqu’à présent, ils ont passé leur temps à se diviser en différents courants, ils devraient au plus vite se regrouper dans des Colloques de consensus pour chercher à se mettre d’accord sur ce qui les unis de manière crédible face aux autres méthodes ou face aux patients, plutôt que d’insister sur ce qui les différencient.

La psychanalyse n’a rien à gagner dans un combat d’arrière-garde tourné vers le passé et ses prophètes. C’est une posture religieuse qui la disqualifie.

Pour garder sa place d’une méthode moderne et reconnue elle doit exister en tenant compte des avancées scientifiques de son époque.

En attendant, j’invite tous ceux, qui pensent que la Psychanalyse peut encore avoir une place dans le champ psy, à une Controverse pour actualiser ses concepts afin de ne garder que ceux qui sont opérants.

Cela prendra la forme d’un Séminaire où chacun pourra réagir et interagir à partir de mon exposé introductif, dans un travail d’Intelligence collective bienveillante.

Soyons nombreux à commencer solidairement ce travail de refondation de la Psychanalyse.

 

Bien à vous tous.

Bruno DAL PALU

Président du C.F.D.P.

 

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Séminaire de Controverse sur la Psychanalyse

 

Chers adhérents, chers collègues,

 

Comme je vous l’avais promis, je vais organiser :

Un Séminaire sur la Psychanalyse du XXI° siècle, en Avignon le 03 décembre 2016.

Il prendra la forme que j’affectionne particulièrement : la Controverse, car elle favorise l’Intelligence collective.

Vous en trouver, dans cet article, les modalités ainsi que l’argumentaire.

Ce Séminaire est aussi ouvert aux non-adhérents.

Attention, les places sont limitées, il faut donc s’inscrire rapidement.

Il peut aussi faire l’objet d’une prise en charge Fifpl, car il se fera en partenariat avec mon organisme de formation Agalma Conseil RH.

 

Bien à vous tous, avec le grand plaisir de vous rencontrer.

Bruno DAL PALU

Président du C.F.D.P.

 

bulletin d’inscription

bulletin-dinscription-seminaire-controverse-image

 

 

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ASSURONS NOTRE LÉGITIMITÉ…

Après la loi sur le Titre de Psychothérapeute et à l’aune de la loi sur la pratique de la psychothérapie de nos voisins belges, ceux qui ne seront ni médecins ni psychologues devront se tenir prêt pour assurer leur légitimité pour continuer d’exercer la psychothérapie.

Aujourd’hui, le seul titre autorisé sans en passer par l’Université est celui de psychanalyste.

C’est pourquoi nous avons créé cette Fédération.

Or, elle sommeille beaucoup trop pour protéger chacun. J’encourage donc chaque praticien de la psychothérapie à se mobiliser pour non seulement adhérer, mais également pour faire adhérer un maximum de collègues.

Par ailleurs, afin d’asseoir notre légitimité il devient urgent que chacun puisse se poser comme Sujet supposé savoir en psychanalyse.

C’est pour cette raison que cette année je vais initier et mettre en œuvre deux gros chantiers sous forme d’un Séminaire de mise à jour des concepts psychanalytiques (suivi de l’AG du C.F.D.P.) qui débouchera sur un groupe de recherche pour repenser la psychanalyse du XXI° siècle.

La participation à ces actions ouvrira droit à la carte professionnelle de psychanalyste praticien de la psychothérapie.

Je vous invite donc chaleureusement à militer dans notre Association en participant à notre réflexion collective, pour protéger à terme notre profession.

 

Bien à vous tous.

Bruno DAL PALU

Président du C.F.D.P.

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Le renouveau de la Psychanalyse !

D’aucuns, connaissant mon implication dans le combat pour le titre de Psychothérapeute – comme mon fidèle et bien connu ami Serge Ginger qui m’avait affublé de celui de « Pape de la psychothérapie » depuis mon installation en Avignon – ne voyant plus sur le terrain de bataille, me pense à la retraite.

Or, contrairement à celui de Rome, qui laissa sa place pour un François, et si je n’ai pas changé de position sur le pseudo-titre de psychopraticien, je continue à vouloir aider grâce au du C.F.D.P., tous les collègues qui veulent faire de la psychothérapie dans l’esprit de l’Article 52 pour lequel je me suis tant battu.

Par ailleurs, je reste actif tant dans le domaine du coaching où je fais avancer l’importance d’en passer par l’Intelligence collective, par mes interventions dans des colloques internationaux ou comme rédacteur du Livre Blanc de l’Intelligence collective, mais je milite aussi dans la suite des Controverses de psychopathologie que j’avais organisé à œuvrer pour le renouveau de la Psychanalyse, en prenant appui sur le dernier enseignement de Lacan, dont j’ai été le premier à faire thèse, sur cet apport révolutionnaire pour la psychanalyse et la psychothérapie.

C’est sur ce dernier point que je souhaiterais vous mobiliser, pour avancer sur ce chantier que l’on pourra synthétiser de la manière suivante :

qu’est-ce qui reste d’opérant dans la psychanalyse ?
Et quels sont les concepts nouveaux qu’il faudrait développer ?

Il y a beaucoup à faire dans ce domaine, c’est indispensable pour que la psychanalyse ne meure pas de dégénérescence.

Qui serait près à publier avec moi sur cette thématique du renouveau de la Psychanalyse ?

J’attends vos contributions….

 

Bien à vous tous.

Bruno DAL PALU

Président du C.F.D.P.

 

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Bonne année 2015 !

New Year 2015

2015-3

2015-2

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Topologie de l’évaluation

 

L’évaluation est un mot à la mode s’il en est. C’est un terme à double racine, latine par le terme valere, et d’ancien français du XIV° siècle par le terme avaluer équivalent à la notion de prix.

Ainsi évaluer c’est donc porter un jugement sur la valeur d’une chose, de quelqu’un. C’est encore synonyme de : jauger, mesurer, calculer, chiffrer, etc. Pour aller plus loin sur le plan sémantique, notons encore que l’évaluation se décline dans son discours par tout un tas de vocabulaire guerrier, telle que stratégies, batteries (de tests), grilles (d’analyses), codification, scores, etc.

Pourquoi le discours ambiant contemporain s’oriente-t-il sur l’évaluation tout azimut ?
Telle fut notre question ?

Comme le soulignait Eric Laurent :

« L’époque est à la mesure et aux mesureurs, comme en témoigne l’immixtion grandissante de l’évaluation statistique dans les champs clinique, social et politique »[1].

Mais cet envahissement des pratiques de la mesure dans le champ social où l’être humain est en jeu, permet la promotion de l’étude de « cohortes homogènes », ce qui conduit inéluctablement à réduire l’individu à un organisme, voire à un ensemble statistiques.

Comme toute rationalité, ce type d’évaluation est une construction imaginaire d’écrasement du Sujet.

En effet, l’évaluation sommative supprime la dimension diachronique c’est-à-dire ce qui constitue un Sujet à savoir son Histoire. D’autant que par son exigence de lisibilité, l’évaluation est en outre indécente, voire obscène, puisqu’elle dévoile ce que le Sujet cherche à cacher : ses dysfonctionnements.

Dans cette pratique, la norme est de retour, et fait force de loi. Ce qui compte, c’est de faire entrer en son sein (ayant la forme d’une courbe de Gauss ) un maximum d’éléments pour optimiser ce qui serait de l’ordre du bon fonctionnement, tout le reste serait dans cette évaluation non sain, c’est-à-dire du registre du dysfonctionnement.

En appliquant la souffrance psychique à l’évaluation en voulant promouvoir une rigueur scientifique dans son champ, elle manque son objet, c’est-à-dire le Sujet. Car, ces pratiques témoignent de l’effondrement des repères symbo­liques au profit de ceux qui sont fondés sur le corps pris comme organisme, et conduisent toujours plus avant vers de nouvelles formes de ségrégation. En effet, le Sujet est exclu de la mesure, dans la mesure où celui-ci, se mesure au un par un, et échappe donc de structure à toute instrumentalité.

Si la mesure donc, sied mieux à l’ordre  des sciences de la nature, peut-il en être de même dans les sciences du Sujet de l’inconscient ? Notamment, le psy­chanalyste mesure‑t‑il, quant à lui, ses indications, sa pratique et ses effets ? Doit‑il opposer des critères qui lui sont propres aux demandes d’évaluation émanant du corps social ?[2]

Comme le rappelait Lacan, «notre  expérience est celle du symptôme». Or, depuis Freud, le symptôme se déchiffre dans la dimension de la parole d’un Sujet divisé par la pulsion. Pour Lacan, le symptôme est la manière dont « cha­cun jouit de son inconscient en tant que celui‑ci le détermine »[3]: Il s’agit là d’une autre logique, d’un autre matérialisme que celui de l’organisme. Un matérialisme du signifiant, que Lacan appelait le « motérialisme »[4] auquel correspond une clinique du discours fondée sur  l’équivoque, le lapsus, le mot d’esprit et même le malentendu, qui réclame d’autres types de « mesures ». Sans rapport avec une quelconque évaluation quantitative, puisqu’il s’agit que le Sujet prenne la mesu­re de son symptôme, à savoir de « ce qui cloche » pour lui. Dès lors , ce qui pour le « mesureur » est un dysfonctionnement, pour le psychanalyste est un langage du Sujet. L’un et l’autre ont une grande accointance avec le dysfonctionnement d’un Sujet mais l’un le traque, le juge, voire cherche à l’éradiquer,  tandis que l’autre l’écoute, le respecte, voire même le protège, pour éviter le « retour du pire »[5].

« Le Sujet, parce qu’il parle, échoue à trouver sa satisfaction : pas de complémentarité naturelle entre les sexes, pas d’objet capable de satisfaire le désir. C’est pourquoi le symptô­me se différencie de la plainte par son côté énigmatique, comme sans raison. Le transfert psychanalytique est donc un appel au sujet supposé savoir : « Ce que j’indique en parlant de la position que peut occuper le psychanalyste, dit Lacan, c’est qu’actuellement c’est la seule d’où le médecin puisse maintenir l’originalité de toujours de sa position, c’est‑à‑dire de celui qui a à répondre à une demande de savoir. .. » . La notion de symptôme, tant psychanalytique que social, trouve son origine en effet dans la médecine. Mais contrairement à sa valeur de signe de dysfonctionnement à mesurer et à réduire comme dans la médecine ou dans les sciences sociales, la psychanalyse vise, quant à elle, à maintenir la dimension du symptôme. Elle l’aura cependant débarrassé, che­min faisant, de la souffrance qui l’accompagnait. »[6]

Pour autant, la psychanalyse peut-elle s’exclure de ce débat sous prétexte qu’a priori toute évaluation est incompatible avec la notion même de Sujet ?

Certes, si Lacan a pu dire que le psychanalyste doit « se dépenser sans compter » cela ne veut pas dire que cela exclut toute mesure de son acte ; les séances de contrôle, ou la procédure de la PASSE sont là des mesures originales pour évaluer un Sujet sans le réduire à un objet statistique. « L’action centrale est là l’éta­blissement du désir, ou de la relation transférentielle, en tant qu’elle vise à l’amour au‑delà des règlements et des normes recevables »[7].

Si le psychanalystes intervient dans ce débat, c’est pour protéger le Sujet, en orientant la réflexion sur la recherche d’évaluateurs au singulier plutôt que du particulier c’est–à-dire, de construire des critères d’évaluation du point d’exception, qui fassent entendre que, au-­delà des critères de bonne pratique qui pourront être opposés, ce serait faire une erreur grave que de ne pas voir que ce qui excède, comme ce qui fait déficit, doit toujours être pris  en compte.

« Dans les questions institutionnelles extrêmement compli­quées sur lesquelles, comme psychanalystes, il faut s’orienter, donner nos choix, essayer de construire un certain nombre d’ins­truments, nous ne devons pas reculer à le faire. Cela ne doit pas nous retenir d’être insérés à tous les niveaux du système de distribution de soins et de faire entendre nos propres critères d’évaluation et la façon dont nous jugeons adéquate ou non à son projet, une société selon le prix qu’elle donne au désir. A entendre cette voix, tous y gagnent, y compris sur des principes d’évaluation en termes d’allocations de ressources»[8]

Au terme de cet essai, il ne s’agit plus de renoncer à l’évaluation, mais d’en dénoncer ses effets imaginaires terroristes pour le Sujet dès lors qu’il n’en est que le registre unique, dont les résultats se posent comme des vérités absolues qui font références, des normes incontournables. Il s’agit plutôt de nuancer toute évaluation quelque soit le discours, qui intègre du même coup, la dimension symbolique qui nuance le visible en lisible qui suppose toujours une interprétation, et de militer pour l’exception à toute règle, par l’irruption du réel, de l’énigme que constitue l’imprévisible pour introduire de l’illisible qui s’oppose au lisible, et au visible.

En conséquence, une évaluation qui respecte le Sujet est possible dès lors qu’elle se fonde sur une topologie borroméenne du nouage des trois registres Réel, Symbolique et Imaginaire. Sans doute que de tels outils d’évaluation restent à construire, mais ils ne sont pas impossibles d’ailleurs à cet endroit, la PASSE en est un bon exemple qui ouvre la voie à cette impasse.

 

Bien à vous tous.

Bruno DAL PALU
Président du C.F.D.P.

 


[1] Eric Laurent « Que veulent nos mesureurs ? » in Mental N°3, Bruxelles, Janvier 1997, pp.5-13.

[2] C’était notre question et celle du Colloque de l’IdF cf . lettre mensuelle de mai 2000 N°188.p.29.

[3] Jacques Lacan « Le séminaire RSI » séance du 18 février 1975.

[4] Jacques Lacan « Le séminaire Encore »

[5] Jacques Lacan « Télévision » p.19

[6] Présentation du Colloque Idf op.cit.

[7] Eric Laurent : « Normes nouvelles de distributions de soins… in Mental N°4, Bruxelles,  p.25-42

[8] Eric Laurent op.cit p.38

 

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Revisitons ensemble la Psychanalyse ?

Chers adhérents, chers collègues,

 

Je rappelle à tous que notre association a deux objectifs : d’une part celle de combattante, de Fédérer les praticiens de la psychothérapie et d’autre part de poursuivre la recherche en psychopathologie et plus particulièrement en psychanalyse.

Or, dans cette perspective, nous avions pour Projet de repenser la Psychanalyse à la lumière de notre clinique du XXI° siècle.

Il me paraît aujourd’hui opportun de lancer et mener à bien ce chantier vers son terme qui sera une publication collective. Pour se faire j’ai pu expérimenté ces derniers temps, par mes recherche sur l’Intelligence collective, une nouvelle manière d’élaborer un travail collaboratif, que je voudrais mettre à profit dans ce Projet.

Le travail collaboratif consiste à recueillir dans un premier temps, votre vision moderne de la psychanalyse dans un article où chaque auteur précisera au regard de sa clinique quels sont les concepts psychanalytiques qui selon lui, sont encore opérants aujourd’hui et ceux qui ne le sont plus. Dans un deuxième temps, nous réunirons tous les auteurs pour définir, le plan de l’ouvrage collectif, et nous répartirons les chapitres. Enfin dans un troisième temps à partir d’un site d’écriture collaborative nous rédigerons ensemble l’ouvrage, avec des régulations régulières par internet.

Qui est partant pour ce Projet ?

Vous pouvez répondre au préalable par l’affirmative ou déjà par la contribution d’un article que nous mettrons en ligne sur notre site : www.cfdpsy.com

 

Bien à vous tous

Bruno DAL PALU
Président du C.F.D.P.

 

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