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Séminaire de Controverse sur la Psychanalyse

 

Chers adhérents, chers collègues,

 

Comme je vous l’avais promis, je vais organiser :

Un Séminaire sur la Psychanalyse du XXI° siècle, en Avignon le 03 décembre 2016.

Il prendra la forme que j’affectionne particulièrement : la Controverse, car elle favorise l’Intelligence collective.

Vous en trouver, dans cet article, les modalités ainsi que l’argumentaire.

Ce Séminaire est aussi ouvert aux non-adhérents.

Attention, les places sont limitées, il faut donc s’inscrire rapidement.

Il peut aussi faire l’objet d’une prise en charge Fifpl, car il se fera en partenariat avec mon organisme de formation Agalma Conseil RH.

 

Bien à vous tous, avec le grand plaisir de vous rencontrer.

Bruno DAL PALU

Président du C.F.D.P.

 

bulletin d’inscription

bulletin-dinscription-seminaire-controverse-image

 

 

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Topologie de l’évaluation

 

L’évaluation est un mot à la mode s’il en est. C’est un terme à double racine, latine par le terme valere, et d’ancien français du XIV° siècle par le terme avaluer équivalent à la notion de prix.

Ainsi évaluer c’est donc porter un jugement sur la valeur d’une chose, de quelqu’un. C’est encore synonyme de : jauger, mesurer, calculer, chiffrer, etc. Pour aller plus loin sur le plan sémantique, notons encore que l’évaluation se décline dans son discours par tout un tas de vocabulaire guerrier, telle que stratégies, batteries (de tests), grilles (d’analyses), codification, scores, etc.

Pourquoi le discours ambiant contemporain s’oriente-t-il sur l’évaluation tout azimut ?
Telle fut notre question ?

Comme le soulignait Eric Laurent :

« L’époque est à la mesure et aux mesureurs, comme en témoigne l’immixtion grandissante de l’évaluation statistique dans les champs clinique, social et politique »[1].

Mais cet envahissement des pratiques de la mesure dans le champ social où l’être humain est en jeu, permet la promotion de l’étude de « cohortes homogènes », ce qui conduit inéluctablement à réduire l’individu à un organisme, voire à un ensemble statistiques.

Comme toute rationalité, ce type d’évaluation est une construction imaginaire d’écrasement du Sujet.

En effet, l’évaluation sommative supprime la dimension diachronique c’est-à-dire ce qui constitue un Sujet à savoir son Histoire. D’autant que par son exigence de lisibilité, l’évaluation est en outre indécente, voire obscène, puisqu’elle dévoile ce que le Sujet cherche à cacher : ses dysfonctionnements.

Dans cette pratique, la norme est de retour, et fait force de loi. Ce qui compte, c’est de faire entrer en son sein (ayant la forme d’une courbe de Gauss ) un maximum d’éléments pour optimiser ce qui serait de l’ordre du bon fonctionnement, tout le reste serait dans cette évaluation non sain, c’est-à-dire du registre du dysfonctionnement.

En appliquant la souffrance psychique à l’évaluation en voulant promouvoir une rigueur scientifique dans son champ, elle manque son objet, c’est-à-dire le Sujet. Car, ces pratiques témoignent de l’effondrement des repères symbo­liques au profit de ceux qui sont fondés sur le corps pris comme organisme, et conduisent toujours plus avant vers de nouvelles formes de ségrégation. En effet, le Sujet est exclu de la mesure, dans la mesure où celui-ci, se mesure au un par un, et échappe donc de structure à toute instrumentalité.

Si la mesure donc, sied mieux à l’ordre  des sciences de la nature, peut-il en être de même dans les sciences du Sujet de l’inconscient ? Notamment, le psy­chanalyste mesure‑t‑il, quant à lui, ses indications, sa pratique et ses effets ? Doit‑il opposer des critères qui lui sont propres aux demandes d’évaluation émanant du corps social ?[2]

Comme le rappelait Lacan, «notre  expérience est celle du symptôme». Or, depuis Freud, le symptôme se déchiffre dans la dimension de la parole d’un Sujet divisé par la pulsion. Pour Lacan, le symptôme est la manière dont « cha­cun jouit de son inconscient en tant que celui‑ci le détermine »[3]: Il s’agit là d’une autre logique, d’un autre matérialisme que celui de l’organisme. Un matérialisme du signifiant, que Lacan appelait le « motérialisme »[4] auquel correspond une clinique du discours fondée sur  l’équivoque, le lapsus, le mot d’esprit et même le malentendu, qui réclame d’autres types de « mesures ». Sans rapport avec une quelconque évaluation quantitative, puisqu’il s’agit que le Sujet prenne la mesu­re de son symptôme, à savoir de « ce qui cloche » pour lui. Dès lors , ce qui pour le « mesureur » est un dysfonctionnement, pour le psychanalyste est un langage du Sujet. L’un et l’autre ont une grande accointance avec le dysfonctionnement d’un Sujet mais l’un le traque, le juge, voire cherche à l’éradiquer,  tandis que l’autre l’écoute, le respecte, voire même le protège, pour éviter le « retour du pire »[5].

« Le Sujet, parce qu’il parle, échoue à trouver sa satisfaction : pas de complémentarité naturelle entre les sexes, pas d’objet capable de satisfaire le désir. C’est pourquoi le symptô­me se différencie de la plainte par son côté énigmatique, comme sans raison. Le transfert psychanalytique est donc un appel au sujet supposé savoir : « Ce que j’indique en parlant de la position que peut occuper le psychanalyste, dit Lacan, c’est qu’actuellement c’est la seule d’où le médecin puisse maintenir l’originalité de toujours de sa position, c’est‑à‑dire de celui qui a à répondre à une demande de savoir. .. » . La notion de symptôme, tant psychanalytique que social, trouve son origine en effet dans la médecine. Mais contrairement à sa valeur de signe de dysfonctionnement à mesurer et à réduire comme dans la médecine ou dans les sciences sociales, la psychanalyse vise, quant à elle, à maintenir la dimension du symptôme. Elle l’aura cependant débarrassé, che­min faisant, de la souffrance qui l’accompagnait. »[6]

Pour autant, la psychanalyse peut-elle s’exclure de ce débat sous prétexte qu’a priori toute évaluation est incompatible avec la notion même de Sujet ?

Certes, si Lacan a pu dire que le psychanalyste doit « se dépenser sans compter » cela ne veut pas dire que cela exclut toute mesure de son acte ; les séances de contrôle, ou la procédure de la PASSE sont là des mesures originales pour évaluer un Sujet sans le réduire à un objet statistique. « L’action centrale est là l’éta­blissement du désir, ou de la relation transférentielle, en tant qu’elle vise à l’amour au‑delà des règlements et des normes recevables »[7].

Si le psychanalystes intervient dans ce débat, c’est pour protéger le Sujet, en orientant la réflexion sur la recherche d’évaluateurs au singulier plutôt que du particulier c’est–à-dire, de construire des critères d’évaluation du point d’exception, qui fassent entendre que, au-­delà des critères de bonne pratique qui pourront être opposés, ce serait faire une erreur grave que de ne pas voir que ce qui excède, comme ce qui fait déficit, doit toujours être pris  en compte.

« Dans les questions institutionnelles extrêmement compli­quées sur lesquelles, comme psychanalystes, il faut s’orienter, donner nos choix, essayer de construire un certain nombre d’ins­truments, nous ne devons pas reculer à le faire. Cela ne doit pas nous retenir d’être insérés à tous les niveaux du système de distribution de soins et de faire entendre nos propres critères d’évaluation et la façon dont nous jugeons adéquate ou non à son projet, une société selon le prix qu’elle donne au désir. A entendre cette voix, tous y gagnent, y compris sur des principes d’évaluation en termes d’allocations de ressources»[8]

Au terme de cet essai, il ne s’agit plus de renoncer à l’évaluation, mais d’en dénoncer ses effets imaginaires terroristes pour le Sujet dès lors qu’il n’en est que le registre unique, dont les résultats se posent comme des vérités absolues qui font références, des normes incontournables. Il s’agit plutôt de nuancer toute évaluation quelque soit le discours, qui intègre du même coup, la dimension symbolique qui nuance le visible en lisible qui suppose toujours une interprétation, et de militer pour l’exception à toute règle, par l’irruption du réel, de l’énigme que constitue l’imprévisible pour introduire de l’illisible qui s’oppose au lisible, et au visible.

En conséquence, une évaluation qui respecte le Sujet est possible dès lors qu’elle se fonde sur une topologie borroméenne du nouage des trois registres Réel, Symbolique et Imaginaire. Sans doute que de tels outils d’évaluation restent à construire, mais ils ne sont pas impossibles d’ailleurs à cet endroit, la PASSE en est un bon exemple qui ouvre la voie à cette impasse.

 

Bien à vous tous.

Bruno DAL PALU
Président du C.F.D.P.

 


[1] Eric Laurent « Que veulent nos mesureurs ? » in Mental N°3, Bruxelles, Janvier 1997, pp.5-13.

[2] C’était notre question et celle du Colloque de l’IdF cf . lettre mensuelle de mai 2000 N°188.p.29.

[3] Jacques Lacan « Le séminaire RSI » séance du 18 février 1975.

[4] Jacques Lacan « Le séminaire Encore »

[5] Jacques Lacan « Télévision » p.19

[6] Présentation du Colloque Idf op.cit.

[7] Eric Laurent : « Normes nouvelles de distributions de soins… in Mental N°4, Bruxelles,  p.25-42

[8] Eric Laurent op.cit p.38

 

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Retrouvez la nouvelle plaquette d’information du CFDP

Comment et pourquoi adhérer au CFDP ?

 

Que vous soyez psychothérapeute avec le Nuémro ADELI ou praticien de la Psychothérapie en attente du Titre, le CFDP est sans doute l’association qus vous attendiez pour protéger et développer votre profession.

Vous pouvez désormais télécharger la plaquette CFDP en .pdf et y trouver les conditions de votre adhésion.

 

Bien à vous,

Le Président, Bruno DAL PALU

 

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La Psychanalyse au-delà des egos ! vers une psychanalyse unifiée.

La Psychanalyse combien de divisions ?

Sans doute un nombre infini, peut-être même quasiment autant que de psychanalystes. Si cette tendance séparatiste est sans doute au fondement de la psychanalyse, cet émiettement de ce courant de pensées ne participe-t-il pas à sa perte de crédit ? N’est-ce pas le temps du rassemblement plutôt que des guerres intestines ?

Il est vrai que la psychanalyse depuis sa création par S. Freud a fait l’objet de moult scissions. Cela a commencé avec A. Adler, puis K.G. Jung, F. Ferenkzy, du temps de son fondateur, puis cela s’est amplifié avec ses successeurs, W. Reich, J. Lacan. Et, en France tout particulièrement les Lacaniens se sont eux-mêmes subdivisés en différents groupes souvent fratricides.

Toutes ses divisions ont été animé par l’idée de faire avancer le corpus théorique et pratique de la psychanalyse, en fonction de la clinique de chaque nouveau chef de file. Dès lors, au-delà des égos de ceux-ci, chacun se sont arcboutés sur la pertinence de leur contributions à la psychanalyse, pour séduire ou convaincre une ou plusieurs cohortes de disciples, pour faire école, voire courant de la psychanalyse. Mais aujourd’hui plus les subdivisions récurrentes s’originent des premiers grands clivages moins il y a de points communs entre les psychanalystes.

Ainsi, qu’est-ce qu’il y a de commun entre un psychanalyste jungien et un psychanalyste lacanien de l’ECF* ? A l’évidence : on trouverait très peu de choses, et souvent pas même le respect du point de vue de l’autre.

Pour ma part, animé par une conviction forte que : « l’on ne construit rien de durable dans le rejet de l’autre », je n’ai eu de cesse dans mon parcours de praticien de vouloir rassembler les psys notamment depuis que j’ai mobilisé les psys, après le vote en catimini de l’Amendement Accoyer le 6 octobre 2003. La bataille que nous avons gagné en faisant invalidé cet Amendement, pour le remplacer par l’Article 52, a eu pour principale victoire très inattendue de faire cesser la guerre entre les psychanalystes et les psychothérapeutes. Outre que face à un ennemi commun : le législateur liberticide,  ceux-ci ont furent condamnés à s’entendre, il me semble que le point inaugural de cette trêve est à fixer, le 17 décembre 2003, le jour où l’exécuteur testamentaire de Lacan, Jacques-Alain Miller, dans un Colloque à Paris organisé par Armand Touati me présentait publiquement ses excuses en tant que représentant des psychothérapeutes, pour le mal qu’il avait pu dire et écrire sur les psychothérapeutes.

Et comme pour ancrer cette nouvelle posture, quelques jours plus tard, j’étais invité à ouvrir le Colloque internationale de psychanalyse organisé par le même Jacques-Alain Miller qui développa, une nouvelle manière de penser la célèbre phrase de Lacan qui fut souvent au fondement de la disqualification des psychothérapeutes par les psychanalystes :

« La psychothérapie, peut faire quelques biens mais ramène au pire ».

Passons rapidement sur ce point anecdotique de l’histoire, pour noter que depuis ce temps je n’ai plus observé ni d’articles ni d’émissions qui opposent la psychanalyse à la psychothérapie, la première devenant un courant de la seconde lorsqu’elle n’est pas purement une psychanalyse, dont elle revendique néanmoins l’extraterritorialité.

En revanche le débat s’est déplacé, dans une opposition entre courant de la psychothérapie, plus précisément entre la psychanalyse et les TCC, à la suite d’une publication par l’Inserm sur l’évaluation des psychothérapies qui laissait à penser que les TCC étaient les plus performantes et la psychanalyse la moins efficiente. Dès lors le débat une fois encore était relancé par J.A. Miller, dans un Forum Anti-TCC, dont je déclinais l’invitation. En effet, en contre point à cette initiative, j’avais préféré organiser le 18 juin 2005, à Paris une « Controverse sur la psychopathologie clinique du Sujet » autour d’un mot d’ordre : « pour un débat sur la psychothérapie sans exclusive ni exclusion », en vue de rassembler les points de vue plutôt que de les opposer. J’avais d’ailleurs écrit à J.A. Miller pour qu’il y participe, mais j’ai reçu de sa part une fin de non recevoir à la mesure de la virulence des propos qui ont fait l’objet d’écrits marquant à tout jamais la polémique comme : le Livre Noir de la Psychanalyse.

Depuis, je n’ai eu de cesse chaque année de provoquer des Controverses pour faire avancer la recherche sur la psychopathologie en vue de faire rapprocher les concepts. Jusqu’à un nouveau débat introduit cette fois par Michel Onfray très critique envers la psychanalyse, ce qui m’a conduit à penser qu’il était temps aussi que celle-ci se remette en question et qu’elle s’organise autour de ce qui la rassemble plutôt que ce qui la divise.

C’est pourquoi ma dernière initiative en ce sens a été de créer début 2010, en tant que psychologue et psychothérapeute, le C.F.D.P.**, afin de fédérer tous les psychothérapeutes ou les praticiens qui veulent acquérir ce titre, dans ce même esprit de nous rassembler sur ce qui nous réunit au delà de ce qui nous divise.

Il est question aujourd’hui de penser la Psychanalyse du XXI° siècle, dans une perspective d’union plutôt que de division, afin qu’elle soit moins dogmatique et orientée par les égos de leurs théoriciens et plus préoccupée par la pratique des patients et des analysants. Sans doute que les gardiens du temple, crieront au blasphème, voire à la perversion (l’a-père-version) de la psychanalyse, mais pour autant je pense que c’est une aventure à tenter pour faire avancer celle-ci dans un avenir qui ne la conduise pas à sa disparition.

C’est ce que je défendrai lors du Colloque de consensus, le 21 Septembre 2013 au FIAP de Paris, organisé par le C.F.D.P.

 

* École de la Cause Freudienne
** Comité Fédérateur des Psychothérapeutes
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Le C.F.D.P. organise un colloque

PREMIER COLLOQUE DE CONSENSUS

CFDP logo

L’association CFDP défend et développe le principe de débats théoriques et pratiques convergeant dans une  Convention de consensus, dans ses manifestations, sur son site, dans sa vie elle-même. Il s’agit de permettre l’exposé de points de vue ou d’approches différents, sur des sujets au fondement de la pratique de la psychothérapie. Ce mode fécond de confrontation respecte chacun dans ses convictions et ses paradigmes scientifiques et contribue à l’enrichissement du débat dans un univers ou la diversité est grande.

La convention de consensus

se tiendra au FIAP

le 21 septembre 2013 à Paris

 

Plusieurs intervenants débattront sur le thème suivant :

Les psychothérapeutes : un an après la loi sur leur titre…

 

Infos & Réservation :

35, chemin de St Geniest – 84000 Avignon / 06.23.82.85.16

 

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