Nos doutes se confirment !

Comme je l’énonçais dans un précédent article, la dernière mouture de la loi sur le Titre de psychothérapeute, est à peu près celle de l’Amendement Accoyer que j’avais dénoncé et qu’avec une forte mobilisation nous avions réussi à faire retirer. Et comme je l’annonçais dans ce même article mes craintes que le législateur aille jusqu’à règlementer l’exercice de la psychothérapie se profile. J’en veux pour preuve cette extrait de l’exposé de Monsieur Georges Fenech, Président de la MIVILUDE, dans le cadre du rapport de M. Jacques Mézard, fait au nom de la Commission d’enquête « Mouvements à caractère sectaire », déposé le 3 avril 2013 où il indiquait en substance :

« Il conviendrait que législateur s’interroge sur l’exercice même de la Psychothérapie » (voir sa déclaration en annexe de cet article).

De manière encore plus tranchée le député M. Georges Fenech ajoutait dans ce rapport : « Je n’ai pas de réponse toute faite, mais il me paraît évident de protéger davantage la discipline que le titre de psychothérapeute, qui peut être contourné ».

Or, une fois encore, les praticiens de la psychothérapie qui exercent sans ce titre sont toujours aussi mal protégés par leurs fédérations unanimes qui s’obstinent et rétorquent par exemple :

« Le titre de  psychothérapeute ayant été pour une large part vidé de son contenu fondamental par les Pouvoirs publics, l’ensemble des syndicats et fédérations représentatifs de la profession (FF2P, AFFOP, SNPPsy, Psy’G, Psy en Mouvement) se sont entendus sur un nouveau titre : psychopraticien – éventuellement assorti d’un qualificatif : certifié ou relationnel. » (Communiqué FF2P juin 2011)

C’est encore en arguant qu’ils sont les seuls vrais psys et en narguant ainsi le législateur que les irresponsables de ces fédérations aux égos démesurés vont faire tout perdre à ceux qu’ils prétendent défendre.

En effet, lorsque le 8 octobre 2005 j’avais lancé la mobilisation « Touche pas à mon psy », qui a permis de casser l’Amendement Accoyer, j’avais veillé à ce qu’il n’y ait qu’une loi sur le Titre et surtout pas une sur la psychothérapie, car dans ce cas beaucoup de collègue ne pourrait alors plus jamais exercer.

Or, faire fi de la loi, comme le font ces fédérations est une stratégie suicidaire, qui va permettre à ceux qui veulent éradiquer les praticiens de la psychothérapie non formés à l’Université de disparaître plus vite que prévu.

Pour ma part, je n’ai pas changé de cap, et l’Histoire semble me donner raison, un Psychothérapeute ne peut exercer sa profession que dans un cadre légal, et ce cadre est très peu contraignant, pour l’instant, j’en ai fait la preuve avec le Comité fédérateur des Psychothérapeutes dont je suis le Président (www.cfdpsy.com).  Je le montrerai encore lors de notre journée de formation continue ouverte à tous les praticiens de la psychothérapie ceux qui ont le titre comme ceux qui désirent l’avoir – le 21 septembre 2013 au FIAP de Parisinscription : par la page contact du site internet.

J’encourage tous les praticiens de la psychothérapie, à ouvrir les yeux et comprendre les risques qu’ils prennent à suivre les élus des fédérations qui ont le Titre et orientent droit dans le mur du pseudo-titre de psychopraticien des collègues généreux, de bonne foi, qui ne demandent qu’à exercer la psychothérapie consciencieusement, alors qu’avec un peu de patience le Titre est accessible et que collectivement, on peut montrer au législateur que cette loi est suffisante structurante pour les professionnels comme pour leurs patients. Toute autre stratégie va produire ce que nous devons tous redouter, psychothérapeutes en Titre ou non, une nouvelle loi sur la pratique qui elle sera pour le coup véritablement anti-psychothérapeute.

 

Bien à vous tous.

Bruno DAL PALU – Président du C.F.D.P.

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